Aline Diépois et Thomas Gizolme

Abstrakt Zermatt

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    Edition Steidl (10/2017)
    88 pages, 73 images
    Relié / Relié à la toile
    23 x 30 cm
    anglais
    ISBN 978-3-86930-580-580-6



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40,00 € TTC

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Dans les vallons, depuis les hauts sommets qui cernent Zermatt, le  gigantesque mouvement des glaciers se fige, instantané irrémédiable. Trompe l’oeil et capture, saisie du temps, suspension des repères. Ici la  Suisse Alémanique s’accomplit ultimement, au coeur d’une nature déployée dans un vide ménagé. Décor qui tient à respect et ordonne de s’y fondre. Comme gagné par cet état de fait, la photographie d’Aline Diépois et Thomas Gizolme emprunte ce pas de soustraction, laissant la matière suivre son cours — cycles, mutations, accidents solitaires — et s’imprimer à travers les saisons. Saisons qui à Zermatt passent et se répètent, mais ne changent rien à une histoire tombée en dissolution.
Le descriptif et le récit se rétractent et disparaissent; restent les traces, les prémisses, l’impression autonome, les taches d’ombres, le marquage de la neige, que l’on reçoit et consigne, par un geste semblable à l’œuvre d’un calque. Les silhouettes humaines et la couleur, rares, s’incorporent à ce flux immobile, annexes de l’oxygène autarcique du lieu.
Oublier les échelles afin que le paysage s’abolisse, laisser l’entrechoc du colossal et du minuscule dessiner son chemin, produire son effet. L’empreinte végétale  paraît minérale et géante, les hauteurs se retournent comme les perspectives se renversent, l’immobilité de la pierre, de la glace, semble un tumulte fossilisé, une coulée des âges. Cet effacement quasi total des photographes en tant que volonté laisse paraître — comme par imposition — , dans la brume glaciale ou le pastel grisé des chaleurs d’altitude, une nature dont la matière prend des allures de puzzles, de fractales,  ainsi que  les facettes imbriquées des cristaux, du gypse.
Le temps et le sujet s’y diffractent, l’existence des choses se forme comme un sublimé chimique. Ces aléas à la logique mutique, ces jeux de miroir impensés, ont dicté leur principe, et doublé le choix d’utiliser des négatifs périmés dont la  matière, souvent maturés par le froid de la montagne hivernale, a travaillé seule, selon un processus intime. Ainsi captée par le retrait, la force picturale émane de l’image comme un élément naturel: un secret contemplé, intégral.