Le Prix Niépce 2016, a été décerné à Laurence Leblanc.


« Comment parler des suites du génocide initié par les Khmers rouges dans un Cambodge emmuré dans un silence coupable ? Comment dire la situation fangeuse des nonnes reléguées dans l’ombre d’une religion, emblématiques, dans leur servitude, de la situation de millions de femmes ? Comment parler de l’Afrique percluse de clichés en deçà du réel ?

La photographie de Laurence Leblanc ne décrit pas à proprement parler le monde mais tend plutôt à inscrire l’appréhension extrêmement personnelle qu’elle en a. Elle préfèrera faire ressortir des impressions à des expressions immédiatement lisibles, suggérer plutôt qu’affirmer et imprimer les stigmates qu’elle éclaire de sa sensibilité nourrie depuis toujours par une révolte sourde contre la violence, quelle qu’elle soit, d’où qu’elle vienne, et par l’obsession tenace de la notion de mémoire qui lie l’ensemble de son oeuvre. Sa démarche est mue par un engagement profond à vouloir dire et faire réagir à travers le prisme d’une sensitivité revendiquée qui se révèle dans une photographie faite de flou, de bougé, de captation fugitive au bord de la disparition. »

Gilou Le Gruiec

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