Américain. Né en 1946 à Honolulu. Vit et travaille à Cranston, Rhode Island.
Représenté par la Galerie VU'.


Jeffrey Silverthorne explore avec constance la question du sexe et de la mort ainsi que les notions de transgression, de transformation et de transcendance. Actif depuis la fin des années 1960, il multiplie les séries sur des sujets hors normes : une morgue, des bordels ou une communauté de travestis et de transsexuels. Il partage ainsi l’attirance des autres photographes américains de sa génération pour les sujets extrêmes.
En effet, n’est-ce pas l’époque où Garry Winogrand affirme que tout est photographiable et où le critique A.D. Coleman constate que les photographes privilégient les images repoussantes ? Le contexte politique et social – l’affirmation d’une contre-culture, les revendications minoritaires, la révolution des droits et la guerre du Vietnam – offre une explication. Autant que l’influence très directe de Diane Arbus. C’est d’ailleurs le renoncement d’Arbus à prendre des photographies dans une morgue qui poussera Silverthorne à se saisir d’un tel sujet.
Jeffrey Silverthorne porte néanmoins aujourd’hui un regard critique sur l’engouement de sa génération pour ces sujets extrêmes qui ne font pas l’intérêt des images. En effet, seul compte le sentiment. Silverthorne sort de lui-même, se tourne vers l’extérieur absolu que constituent pour lui ces sujets. Mais c’est moins pour sacrifier à une mode que pour s’exposer davantage, être plus vulnérable et plonger plus à fond dans sa propre psychologie.
Il affirmait en 1988 : « Je fais des images pour me souvenir, non pas du motif, mais de mes sentiments et de mes réactions ». De fait, chaque série constitue une expérience tant physique que psychique. On comprend, dans ces conditions, son désintérêt pour le reportage objectif et, au contraire, son goût pour un documentaire subjectif et l’image construite sous la forme de mises en scène et d’expérimentations plastiques.

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