"C'est un sentiment très curieux de regarder une photographie et d'avoir en même temps l'impression qu'elle se développe devant vous et qu'elle vous est personnellement destinée."
Brigitte Ollier, Libération
C'est un sentiment très curieux de regarder une photographie et d'avoir en même temps l'impression qu'elle se développe devant vous et qu'elle vous est personnellement destinée. Comme un cadeau inattendu. Il y a cette magie gratuite dans l'univers de Machiel Botman, né en 1955 aux Pays-Bas, et qui ouvre littéralement son coeur avec Rainchild. Même quand tout devient grave, il reste léger : «On s'en fout», aime-t-il à dire, et il raconte ses amis (Kate, Johan, Constant) qui pourraient être les vôtres et qui le sont peut-être.
C'est un voyage à l'endroit et à l'envers, comme un tricot en laine multicolore, avec des arrêts imprévus, et on ne sait pas quoi faire pour l'aider. Par exemple, est-ce que la maison brûle ou est-ce juste un nuage ? Les enfants en short devant la fenêtre, d'où sortent-ils ? On pense aussi à de la musique, à des gouttes de piano sous la pluie et à ce drôle de type avec des poils blancs si longs qu'on a l'impression que des petits oiseaux viennent s'y nicher. Dans le livre qui accompagne l'exposition, Machiel Botman écrit des mots doux, plutôt gris, où il parle de son chagrin quand sa mère est morte et du portrait d'elle qu'il aurait tellement voulu avoir, et son frère aussi. «Alors, on s'est mis d'accord pour l'avoir chacun à son tour pendant cinq ans.»
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