Espagnol. Né en 1958 à Madrid. Vit à Madrid.
Représenté par l'Agence et la Galerie VU'.
C’est en autodidacte que Juan Manuel Castro Prieto vient à la photographie à la fin des années 1970. L’influence de Gabriel Cualladó et de Paco Gómez, qu’il rencontre à la Real Sociedad Fotográfica de Madrid, et un travail acharné et solitaire l’aident à conforter son style et à s’affirmer comme un virtuose dominant toutes les subtilités de la prise de vue à la chambre et du tirage en laboratoire.

Ses photographies, parfaitement composées, sont souvent animées de flous troublants obtenus grâce à une grande maîtrise de la lumière et à une intervention très précise sur le plan focal. Les tirages sur papier baryté qu’il réalise, y compris dans de très grands formats, pour lui ou pour d’autres photographes espagnols réputés, sont d’une rare exigence. Tout comme ses tirages jet d’encre, depuis qu’il a fait le choix quasi exclusif de la couleur au début des années 2000.
Pourtant, la technique n’est pour Castro Prieto qu’un présupposé... Elle est au service d’un regard personnel et d’une démarche introspective. Pour Castro Prieto, la photographie est ainsi l’outil d’une relation au monde, voire, selon ses termes, « l’excuse pour une philosophie de la vie » (entretien avec Alejandro Castellote, Extraños, Lunwerg, 2003).

C’est pourquoi les photographies de Juan Manuel Castro Prieto sont traversées par des sujets, des thèmes ou des motifs récurrents. Elles révèlent les obsessions de l’artiste qui, comme l’enfance, le Pérou ou l’Éthiopie, le font revenir après plusieurs années dans un même lieu pour en faire à nouveau l’expérience.
Quel que soit le lieu, ses photographies plongent leurs racines dans un quotidien souvent banal et humble que l’artiste transfigure pour créer une atmosphère étrange, entre réalité, rêve et cauchemar, où la sensualité le dispute à l’inquiétude. Si une pulsion vitaliste, parfois ouvertement érotique, parcourt les oeuvres de Castro Prieto, les fantômes de l’enfance, le passage inexorable du temps, la vulnérabilité des êtres et la question de la mort sont manifestes dans ses images mélancoliques de lieux et d’objets à l’abandon, d’apparitions fugaces et de traces fragiles vouées à la disparition.

Enfin, au-delà de cette approche sensible, les photographies de Castro Prieto invitent à une lecture symbolique, parfois ésotérique, des mondes personnels, réels et imaginaires que l’artiste explore.

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