Frédéric Lecloux

Brumes à venir

Livre signé

  • ÉDITIONS LE BEC EN L’AIR, 2012
  • 23 x 16.5 cm - 144 pages - Couverture cartonnée
  • 100 photographies en couleurs
  • Photographies et texte : Frédéric Lecloux
  • ISBN 978-2-916073-69-9

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Belge émigré en France depuis 2001, il fut un jour temps pour moi d’examiner la question de savoir ce que cela veut dire. La Belgique en était arrivée à occuper dans mon esprit moins de place qu’une négation. Tout juste un oubli, plutôt un refoulement. Accédant à l’état de question, ce fut celle-ci : cet ailleurs, ce territoire de Belgique, ce radeau prêt à rompre, est-ce encore bien un pays ?

Je suis parti voir. Là-haut j’ai creusé, j’ai remué mais, paresseux, juste ce que j’avais sous la main : ce que je connaissais. Ce faisant j’atteignis sans forcer des couches de sédiments non neutres : des souvenirs, des interrogations laissées en suspens, des histoires considérées à tort comme closes (à tort uniquement par moi)… J’ai longtemps cru n’avoir pas fui la Belgique, être parti vers du neuf en fermant la porte derrière moi. Pauvre certitude, qui n’a pas résisté à cette archéologie. Maintenant on voit au travers. Et ce qu’on voit, c’est l’écheveau de doutes et de peurs qu’elle cuirassait. Si bien que ma question dériva, comme ceci : ce radeau prêt à rompre, pourquoi l’ai-je quitté, et qu’y ai-je laissé ?

Voilà ce que je pouvais dire de ce travail et de ses mobiles, vers 2010, 2011. Mais le mercredi 12 juin 2013 à 16h40, Pierre Bergounioux a dit à la radio :

« J’ai le sentiment d’avoir rompu, ça ne m’est apparu qu’après, avec la communauté de mes jeunes années. J’ai, j’avais beaucoup d’amis d’enfance. J’accordais une grande importance au fait de partager avec eux ces moments de formation, d’espérance. Et puis nous nous sommes égayés comme une volée de moineaux parce que l’heure nous le prescrivait. J’ai pris la mesure de ce qui était resté comme en souffrance, inexpliqué. J’ai eu la candeur, la simplicité de supposer qu’en l’espace de quelques années, trois, quatre, j’aurais porté au jour tout ce qui pouvait demeurer d’incompris, d’inexprimé. Et je me découvre, un million d’années plus tard, courbé, eh oui, sur la table, de peine, à essayer de faire migrer jusqu’à la surface du papier les linéaments de cet antique, profond, et sans doute inépuisable mystère. »

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