Américain. Né à New York en 1949. « Le jour où il a basculé du romantisme qui l’avait entraîné à Paris par passion pour Brassaï et Doisneau – ce qui l’amena à photographier les cafés – vers le photojournalisme et la nécessité d’informer, cet Américain venu de l’univers des Beaux-Arts et marqué par la fréquentation de W. Eugene Smith ne fit pas les chose à moitié.
Son engagement devint radical, photographie également, sans parler de sa prise de risque, pas toujours raisonnable. Mais c’est certainement pour cela que, devenu un des héritiers de la concerned photography, il écrit des pages essentielles de l’histoire du médium, au moment même où, en raison de l’irruption du numérique, nous allons vers d’autres temps.
Il a passé dix années à chroniquer la situation en Tchétchénie, à témoigner, y compris quand il ne se passait « rien » en termes d’actualité médiatique. Il avait compris (sans être compris à l’époque), en excellent journaliste, dès l’effondrement du bloc soviétique, que les républiques du Caucase seraient le lieu d’une des crises majeures du monde contemporain et il a décidé d’en témoigner. Au-delà des publications dans la presse et des expositions dans le monde entier, le livre dans lequel il a su dépasser le témoignage sur la Tchétchénie pour questionner l’absurdité de la guerre à la fin du XXème siècle est un repère, une date.
Il était au Rwanda. Il est évidemment normal qu’il soit parti pour l’Afghanistan, l’Irak, la Nouvelle-Orléans. Demain, nous le retrouverons sur tous les territoires des horreurs du moment. »

Christian Caujolle, Agence VU’ Galerie, Photopoche n°107, p.70

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