Né en 1961 à Cape Town. Vit et travaille à Johannesburg (Afrique du Sud).

« Les œuvres de Graeme Williams – leader reconnu dans le domaine de la photographie sud-africaine- associent changement et mémoire. Afin d’explorer le statique et le dynamique dans la société sud-africaine depuis l’arrivée de la démocratie, Williams a arpenté les banlieues de plus de cent villes, là où les divergences sociales sont les plus flagrantes. Grâce à son expérience de peintre, ses photos prises entre chien et loup captent des mosaïques de réalités si disparates qu’elles semblent faites de collages ou manipulées numériquement, bien que ce ne soit pas le cas ; elles fragmentent la surface de la réalité, comme pour déchirer un voile. Les images de Graeme Williams ont une résonance universelle, car il juxtapose des royaumes propres à toute société : richesse et pauvreté, rêves et réalités, loisir et travail… autant de métaphores de la désintégration sociale et des forces qui résistent à la poussée sud-africaine vers plus d’intégration et de justice. Métaphore du changement, chaque image a de multiples points de convergence.Malgré les transformations en Afrique du Sud (et en Afrique), l’environnement reste marqué par le souvenir des régimes politiques et des modes de vie du passé. Le présent se manifeste par un nouveau drapeau, par d’énormes barrières et barbelés érigés pour répondre à la criminalité accrue, par la possibilité de nouvelles micro-entreprises – telle la location d’un téléphone fixe. Mais le poteau téléphonique en bois est tellement rongé par les termites qu’il ne reste que quelques centimètres de bois attachés à un fil dans le ciel… du déjà vu. En Afrique du Sud, le délabrement contraste avec d’austères constructions neuves et d’absurdes et grandioses symboles adoptés par les pauvres : un lion en béton fabriqué en série, un étalon découpé en métal qui anoblit l’entrée de la maison… » Extrait du texte de Gary van Wyk in Graeme Williams, Editions de l’œil, 2010

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